Note de l’initiateur

On remarque de nos jours que nous allons vers une régression sociale et nos enfants
auront une vie plus difficile que la nôtre.
Ainsi, avec tout ce qu’on observe autour de nous, on vient à se poser la question : où est l’Amour ?

© Jean Ferdinand Mose

                                                                                                                         © Jean Ferdinand Mose

La première fois que j’ai vu cette dame devant les magasins à l’entrée de la gare de Genève, j’étais profondément choqué. Cela fait maintenant 3 ans que je la vois régulièrement en allant prendre le train.
Lorsque que je passe par là, je pense toujours à elle et redoute de la voir car, si elle est encore ici, cela signifie que sa situation est sans issue, sans futur, et cela me révolte.
En même temps, je redoute aussi de ne plus la voir, pensant qu’elle aura peut-être été transférée aux urgences suite à un problème de santé ou pire… Imaginez-vous passer toutes les nuits de grand froid en hiver couché à même le sol devant la vitrine d’un grand magasin au centre de Genève, cité internationale des droits humains ?
Sans viser ni accuser personne, je trouve sa situation inacceptable.
Chaque fois que je vois cette dame, je suis triste pour elle, j’ai honte de faire partie d’un état qui accepte cela. 

On estime entre 800 et 1’000 le nombre de personnes qui dorment dans la rue à Genève[i]. Je ne désire pas ouvrir un débat sur le sujet. J’ose juste espérer que tout le monde s’accorde à dire, ou au moins à penser, que cela n’est pas humain. Ne pouvant plus rester passif face aux messages de mon cœur, j’ai donc choisi récemment de changer mon “ici et maintenant”, en commençant par le plus pressé, à savoir : améliorer le quotidien des plus démunis, à Genève et en Suisse. Cette femme qui vit devant la gare a – sans le savoir – déclenché en moi la force et l’énergie qu’il me fallait pour passer à l’action.

Francis Gerber

[i] Le matin, 14.08-2017. Au DEAS (Département de l’Emploi, de la Santé et des Affaires sociales), on avance que, selon les associations, entre 800 et 1’000 personnes dorment dehors à Genève.