Questions-réponses

Si vous avez une question à nous soumettre, contactez-nous.

Quels arguments vous a-t-on opposés ?

Actuellement, ils sont essentiellement au nombre de quatre :

  • les personnes en précarité ne sont pas statistiquement représentatives ;
  • toutes les structures susceptibles de les aider existent déjà, publiques ou privées ;
  • l’aide à la population est du ressort de la protection civile ;
  • l’action sociale ne relève pas de l’armée.

Nous développerons nos réponses à ces différents points dans notre argumentaire.

Les organisations caritatives et les entreprises sociales verront leurs activités réduites si l’armée les remplace.

Non. Les associations, les entreprises sociales et les institutions ne parviennent plus à faire face à la demande. On estime actuellement que précarité et pauvreté touchent 12 % de la population suisse. Notre initiative va porter sur ces personnes, essentiellement délaissées pour l’instant. Clairement, l’armée ne se substituera pas aux organisations à vocation sociale mais complètera leur action, par un soutien ponctuel, là où elles ne peuvent actuellement pas agir par manque de ressources.

Cette initiative va affaiblir l’armée.

Ce n’est clairement pas le but de notre initiative. La société — et l’armée en fait partie — doit évoluer et s’adapter aux besoins actuels : les risques auxquels notre société est confrontée ne viennent plus forcément de l’extérieur mais bien souvent de l’intérieur. Pauvreté et précarité sont inacceptables au 21ème siècle, de surcroît dans un pays riche qui a pour ambition de servir d’exemple et de modèle dans de nombreux domaines. L’armée, quant à elle, en ressortira renforcée, ce que nous démontrerons dans notre argumentaire.

Pourquoi une telle initiative ?

Depuis la seconde guerre mondiale, nous alimentons une force utile mais sous-exploitée ; il est de la responsabilité de la collectivité d’en faire un meilleur usage aujourd’hui, ce qui renforcera l’armée et sera autant à son avantage qu’à celui de cette même collectivité. Mais aussi parce que la précarité ne cesse de croître : 4 % de la population en 1990, 9 % en 2015. Et parce qu’il y a urgence à intervenir avant que la situation ne se dégrade davantage encore.

Cette initiative va à l’encontre du rôle de l’armée et va la décrédibiliser.

Bien au contraire : notre projet valorise l’image de l’armée, et lui donne en quelque sorte un rôle de sauveur, atout majeur en temps de paix, en lui permettant d’agir très concrètement. Ces dernières années, les missions humanitaires de l’armée se sont multipliées à l’étranger, avec succès. Est-ce invraisemblable d’envisager une action humanitaire de l’armée en Suisse ? 50 % de la population affirme craindre le terrorisme ; or, les attentats perpétrés sur le sol helvétique, proches de 0 %, sont dus aux milieux anarchistes et touchent soit les requérants d’asile soit les infrastructures (comme les CFF). En revanche, la précarité et la pauvreté concernent quotidiennement de 7 à 12 % de la population : en Suisse, plus de 56’000 personnes vivent en-dessous du seuil vital. Le vrai danger est là et toutes les institutions, l’armée y compris, ont un rôle à jouer pour désamorcer cette bombe à retardement.

Nous avons besoin de l’armée : les menaces sont imminentes, le monde est de plus en plus fou…

Malgré un discours d’insécurité répété en boucle, le monde se porte de mieux en mieux. Premier signe inattendu, qui aurait prévu la chute du mur de Berlin ? La fin de la guerre froide ? La peur, les catastrophes, les accidents sont le fond de commerce des médias. Les directeurs de rédactions aiment à dire : « Le train qui arrive à l’heure n’intéresse personne ». Ce monde est aussi celui de magnifiques découvertes, d’avancées technologiques, d’actions citoyennes, de grands mouvements d’entraide et de solidarité, de l’émergence de nombreuses solutions aux difficultés rencontrées. Le film-documentaire « Demain » l’illustre à merveille : des individus, des villes, des pays testent de nouvelles manières de vivre, à petite échelle et avec succès. Notre initiative s’inscrit dans cette réalité, dans ce mouvement global vers plus de compassion et, nous ne cessons de le souligner, y intègre l’armée sans la diminuer en aucune façon.

L’armée ne pourra jamais s’engager dans ce projet : elle n’est pas faite pour ça, ce n’est pas son rôle.

Voilà un argument récurrent auquel nous avons déjà répondu. Détrompez-vous ! L’armée a besoin de s’investir. La mission première de l’armée n’est pas de faire la guerre mais d’assurer la paix. Venir en aide à la population, et notamment en temps de paix, fait bel et bien partie du cahier des charges de l’armée, hormis le fait que, sur le plan humain, combattre la pauvreté soit en un sens une guerre à mener. Rappelons que cette institution a un rôle d’intérêt public à jouer, que ce rôle est clairement défini dans plusieurs textes légaux existants. À ce rôle, s’ajoute une fonction plus symbolique d’identité et de cohésion nationale. Nous avons entière confiance en l’armée et en ses membres, convaincus qu’ils sauront mettre en œuvre les meilleures stratégies pour contribuer à cet intérêt public.

L’armée n’a ni les compétences ni les moyens nécessaires.

Affirmer cela est bien mal connaître cette institution. 180’000 hommes sont sous les drapeaux chaque année. Parmi eux, tous les corps de métiers sont représentés. Armasuisse Immobilier gère 24’000 hectares de terrain et plus de 9’500 bâtiments et ouvrages, patrimoine appartenant au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports. Le budget de l’armée comprend un poste appelé « engagements subsidiaires de sûreté » (aide en cas de catastrophe, engagements d’appui (à l’étranger), promotion militaire de la paix). Chaque année, elle génère une contre-valeur directe quantifiable d’un montant de 1 à 1,2 milliards de francs, soit des prestations qui, confiées à d’autres fournisseurs, auraient un coût en partie plus élevé, ainsi que des effets positifs pour l’économie à hauteur de 4,6 à 4,8 milliards de francs. Les ressources, matérielles mais surtout humaines, sont là. Et des actions ponctuelles déjà menées dans le cadre d’exercices ou de manœuvres : préparation de repas gratuits pour des associations, recherches de personnes disparues…

L’armée n’est pas capable de faire du travail social, elle n’est pas faite pour cela.

Nous avons déjà répondu à ce point, et nous y reviendrons dans notre argumentaire. Précisions néanmoins que l’armée dispose d’un Département Social, certes dédiés aux incorporés, et que donc les compétences sont là.

Nous sommes toujours mieux lotis en Suisse que dans les autres pays.

C’est exact. Nous suggérez-vous par conséquent de ne rien faire ? Si, comme nous l’entendons souvent, les personnes en difficulté ne représentent qu’un petit pourcentage, elles existent néanmoins et leurs difficultés sont bien réelles : ces personnes les subissent à 100 %, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Si vous souhaitez prendre conscience de l’ampleur et de la gravité du problème, nous vous invitons à nous rejoindre ou à proposer vos services à titre bénévole à l’une ou l’autre des associations actives en Suisse dans l’action sociale, à la Croix-Rouge, à Caritas ou encore, si vous habitez Genève, à l’Hospice général… La question se pose : à partir de quel pourcentage la souffrance devient-elle une réalité, sinon une urgence ? Aider une seule personne est déjà changer les choses, dit-on, mais n’y aurait-il qu’une seule personne en souffrance, ce serait déjà une personne de trop.